Le Clézio, l'écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante
C'est en ces termes que le secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise, Horace Engdahl, a annoncé l'attribution du prix à l'écrivain français. L'écrivain français
Jean-Marie Gustave Le Clézio s'est vu décerner jeudi 9 octobre à Stockholm le Prix Nobel de littérature.
Le Clézio répond aux journalistes
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J.M.G. Le Clezio Prix Nobel de littérature
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LITTÉRATURE AUDIO VIDÉO
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Pour moi, l'acte d'écrire est resté lié à ce premier voyage. Une absence, peut-être, un éloignement, le mouvement de dérive le long d'une terre invisible, effleurant des
pays sauvages, des dangers imaginaires. Ma fascination des fleuves, l'improbable réalité. Cette même année 1946-197, j'ai écrit tout de suite mon deuxième roman,
Oradi noir, aventure sur une terre d'Afrique que je ne connaissais pas encore, comme si de l'écrire pouvait me sauver des dangers et m'habituer à l'avenir (à l'idée de
ce père que je n'avais jamais rencontré, et vers qui me menait le lent cargo). Aucun des livres que j'ai écrits par la suite n'a eu autant d'importance pour moi que ces
deux romans africains.
Plus tard, ce que j'ai cherché dans les livres, c'était cela, ce mouvement qui m'emportait, me faisait autre, ce mouvement lent et irrésistible qui me capturait. Dans les
romans de Dickens, de Kipling, de Conrad. Dans cette langue anglaise que je découvrais, ces mots allitératifs, son rythme, son chant.
Dans la littérature même il y avait le mystère, le Londres de Nicolas Nickleby, de David Copperfield, la prison pour dettes de Pickwick. Ce que je ne comprenais
pas tout à fait, qui était comme la côte entrevue, comme les villes glissant au bord des estuaires, comme Port Harcourt noyé dans la pluie diluvienne tandis que je
m'enfonçais vers els forêts, du côté d'Obudu.
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