Dévalorisation croissante du métier de professeur de FLE

Débouchés, projets professionnels, reconversions, spécificités régionales...

Modérateur: forumadmin

Dévalorisation croissante du métier de professeur de FLE

Messagepar Elsa » Mer Oct 22, 2008 3:28 am

Mon constat est le suivant : en France, les heures de fle sont aussi bien payées que des heures de ménage ; à l'étranger, le MAE, l'AUF, etc. se désengagent et il ne reste que des contrats locaux qui en général ne permettent pas de vivre décemment quand on a une famille.
Or le nombre de master fle en France ne cesse d'augmenter. Si aucun statut en France et à l'étranger n'est proposé aux professeurs de FLE, n'est-il pas nécessaire d'arrêter de former autant d'enseignants français de FLE ?
Elsa
 
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Messagepar Aurelie » Mar Nov 04, 2008 1:44 pm

je partage le même constat que toi, et estime que les pouvoirs publics pourraient se montrer plus responsables.
ceci dit, je trouve cette formation très intéressante et enrichissante et je pense qu'il est de notre responsabilité personnelle de poser nos conditions de travail et de rémunération, et de choisir avec attention nos contrats de travail.
je suis certaine qu'il doit être possible de vivre décemment de l'enseignement du français aux étrangers.
Aurelie
 
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Re: Dévalorisation croissante du métier de professeur de FLE

Messagepar Asimov » Mar Nov 04, 2008 8:08 pm

Je suis d'accord avec toi Elsa.
Les universitaires qui vivent de cours de FLE n'ont pas non plus intérêt à dire toute la vérité sur le futur de cette profession au risque de voir le nombre d'inscrits affectés.

Aurélie, je peux te dire par expérience qu'il est presque impossible de défendre ses exigences, car le nombre de candidats pour enseigner le français est en surnombre. On va préférer un jeune français non FLE payé peu qu'un français venant de FLE et bien payé. C'est la dure réalité.

Il y a des postes intéressants mais ils sont en trop petit nombre.
Dernière édition par Asimov le Sam Nov 08, 2008 9:45 am, édité 1 fois au total.
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Messagepar mica » Mar Nov 04, 2008 10:08 pm

Et ca pourrait passer entre autres par une insertion beaucoup plus pragmatique des spécialisés en Fle dans les systèmes d'enseignement publics des pays de la communauté européenne par exemple.

Evidemment c'est quelque chose qui me touche de près, mais dans le fond c'est assez écoeurant : je connais nombre de profs (espagnols) de français ayant suivi leur formation universitaire et didactique, je ne le nierai pas, mais dont les niveaux et la motivation sont abyssaux, et c'est terriblement frustrant quand tu te spécialises, que tu combats pour enseigner dans les académies privées tout en étudiant tout ça pour obtenir qu'on te mène en bateau depuis le ministère d'éducation, et ce durant des années...

Si on veut bâtir une Europe plurilingue, je pense qu'il serait FORT intéressant de prévoir une refonte en profondeur de l'embauche des profs de langues étrangères dans le système public... Je pense sincèrement que tout le monde y serait gagnant... A commencer par les élèves ! Voilà, fallait que ça sorte... :oops:
Sacré FLE...
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FLE dévalorisé

Messagepar sandi » Jeu Nov 06, 2008 2:32 pm

Je suis d'accord avec vous. Cette formation est dévalorisée. Je vis en Allemagne et même avec le FLE je suis en concurrence non seulement avec des francophones qui s'improvisent prof ou des Allemands ayant effectué des séjours prolongés en France. Je ne peux pas réclamer d'honoraires plus élevés, sinon on me dit : on se passera de vos services. Ici, nous sommes payés à la mission, nous sommes aussi considérés comme profession libérale, le fisc ne nous fait donc pas de cadeau. Je ne veux pas rentrer dans les détails. Finalement j'ai pris la décision de reprendre mes études. Je suis repartie de zéro car Europe ou pas il est difficile d'obtenir des reconnaissances. En ce qui concerne les profs des collèges et lycées, il y a du bon et du mauvais.

Bon courage

Sandi
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Messagepar Pierreb » Jeu Nov 06, 2008 8:51 pm

en Italie, la situation est semblable à celle que décrit Sandi pour l'Allemagne. Pour travailler à temps plein et varier le plus possible les expériences, il faut travailler avec plusieurs instituts (il m'arrive de travailler contemporainement avec 8 écoles). Il y a 4 ans, il était encore possible d'enseigner dans des collèges, une réforme rendant la deuxième langue vivante obligatoire a mis fin à cette possibilité (il faut maintenant suivre le cursus normal d'entrée dans l'éducation nationale italienne). Quand la demande est forte, les enseignants de français poussent comme des champignons (il y a eu une période comme ça il y 1 an), c'est en période de basses-eaux que les bons font leurs preuves. Ce n'est pas tant que des gens s'improvisent enseignants qui me gêne (je l'ai fait il y a 8 ans), c'est qu'il n'y mettent aucun professionalisme.

Ceci dit ces gens-là ne durent pas et petit à petit le tarif horaire augmente avec l'expérience et la reconnaissance des instituts. Les écoles privées de langue n'accordent pas une valeur excessive aux diplômes, mêmes celles qui sont sérieuses. Au bout du compte, c'est le résultat qui importe.

Depuis 2 ans, j'hésite à m'investir dans cette aventure. Le master 1 FLE, je le vois comme une sorte de validation de mon expérience. Une occasion de confronter sa pratique à la théorie et d'obtenir un bout de papier qui soit en quelque sorte un couronnement d'années de travail. Guère plus mais sur le plan personnel c'est déjà énorme. Ceci dit ce serait quand même bien que le bénéfice soit majeur.

Mais que manque-t-il à cette formation ? Qu'elle ne permette pas d'accéder à des emplois dans des structures publiques françaises et étrangères, passe encore. Ce sera la faute à la vision à court terme de ceux qui tiennent les rênes des institutions. Mais qu'elle n'offre aucune perspective dans le privé où prime la loi du marché et qu'il faille toujours se tanner le cuir ? N'y a-t-il pas à quelque chose à revoir quelque part ? Quelle valeur ajoutée manque ? Que faudrait-il remettre en cause ?

Ultérieure stupide demande : n'existe-t-il pas dans d'autres pays ou régions francophones (je pensais en particulier au Québec) des formations tout aussi valides mais plus reconnues donc plus efficaces ?
enseignant à Rome (Italie) depuis 2000
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Professeurs de FLE en Serbie = moins qu'un mendiant

Messagepar 6hunyadi » Ven Nov 14, 2008 11:18 am

Bonjour

Ici en Voivodine, dans le nord de la Serbie, c'est la cata des cata: la faculté nous inonde d'année en année avec de nouveaux profs de FLE, par douzaines, mais il y a tellement peu de possibilités d'emploi qu'il faut tout de suite, le diplome recu se diriger vers d'autres qualifications, plus négociables en liquidités - par exemple passer les examens de traducteur/interprete assermenté pour plusieurs langues, si possible.

Depuis 6 mois que le Ministre de l'Éducation Nationale serbe a promulgué la nouvelle loi concernant les professeurs : qu'ils doivent avoir un minimum de 15 éleves par classe, beaucoup d'entre nous sommes retrouvés comme "surplus technologique".

Ce quota est possible á Belgrade et en grande partie dans le sud du pays, mais ici oú il n'y a jamais assez de profs d'anglais et d'allemand (voire de russe) le français n'est présent qu'á un état subatomique dans les écoles primaires et subquantiques dans les lycées...

C'est bien peu quand on écoute la propagande sur la grande fraternité serbo-française. Seulement la fraternité russo-serbe est beaucoup plus grande et c'est la cause majeure de ce gachis touchant les professeurs de FLE locaux.

J'ai été moi meme touché par cette vague déferlante de mauvais vouloir et me suis retrouvé apres 10 ans de bons services, dans un sorte d'état comateux: je ne donne plus de cours, puisque "surplus technique", mais étant toujours sur la liste des employés je touche mes 2 demi-salaires mensuels et mon ticket de bus gratis. Le lycée oú j'avais eu le plus d'heures (20%) me paie mes assurances sociales. Je suis dans l'incapabilité de trouver du travail ailleurs, car les paiements de salaires et d'assurance sociale seraient coupées á l'instant meme...

J'espere avoir pu donner une image assez claire de l'état des choses ici.
Amicalement
Attila
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Messagepar philippeD » Lun Mar 09, 2009 1:51 am

Bonjour,

Soyons directs et honnêtes .. ni la profession d'enseignant de FLE, ni le FLE lui-même n'ont été vraiment et sérieusement ni valorisés, ni encouragés, ni aidés par le gouvernement. C'est une honte.

Comparez simplement avec ce qui a été et est fait pour l'enseignement de l'anglais langue étrangère... que ce soit de la part des différents instances gouvernementales, de la part des sociétés d'édition de matériel éducatif, de la part des instances universitaires en matières de formation d'enseignant et de recherche, ...

Regardez lorsque sont organisés, à l'étranger, des salons de l'éducation où des dizaines d'écoles de langue anglais sont présentes, et la plupart du temps aucune école de langue française, et, quand il y en a, ces écoles de langue française sont complétement à coté de la plaque. (Je suis allé à plusieurs salons de l'éducation dans des pays d'Asie. Je vous donne un exemple: un salon de l'éducation, réservé à l'enseignement des langues étrangères. Il y avait peut-être 150 exposants dont peut-être 80% pour l'anglais, 15% pour le japonais... La présence française? 2 exposants! Ces 2 écoles n'avaient aucun document dans la langue du pays, très peu de documents en anglais, les français qui tenaient les stands avaient un anglais exécrable...J'ai discuté avec l'un d'entre eux... je lui demande: "beaucoup de visiteurs intéressés?" Sa réponse: " je ne comprends pas, les gens ne font que passer, en deux jours, nous n'avons eu qu'une seule personne très sérieusement intéressée".... ) Tirez vous-même votre conclusion.

Pour ce est de choisir d'enseigner le FLE comme carrière... Hmm, il a déjà beaucoup été dit sur Franc-Parler. J'ajouterai ceci:

Enseigner le FLE à l'étranger n'est pas évident. Il faut vraiment en vouloir quelquefois. Créez votre propre situation et vos occasions, multipliez les recherches en tout genre, soyez constamment prêt à des déconvenues, acceptez des variations de revenus très importantes, etc. A l'étranger, on dépense souvent plus que si nous étions restés en France: déménagement, installation et réinstallation répétées, voyage (un de principaux attraits de travailler à l'étranger est de pouvoir voyager = frais ), etc.

Préparez votre retraite vous-même (très important!). Oubliez le système français (social, retraite, sécu, chômage, etc.) et apprenez à vous protéger vous-même. Je cotise chaque mois à deux systèmes de retaite privés et à un systéme privé d'assurance santé. Ces systèmes s'ajoutent aux systèmes de retraite ou de couverture médicale nationaux locaux des pays où j'enseigne (quand il y en a!).


Ouvrez-vous les yeux.
En espérant que mes quelques 12 ans d'expériences puissent vous être utiles.

Bon courage à tout le monde.
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Messagepar 6hunyadi » Lun Mar 09, 2009 9:00 am

Bonjour Philippe

C'est la meme chose ici en Serbie, sauf que c'est pire: depuis 2004 nous autres profs sommes obligés á avoir 20 heures de séminaires/an sinon nous perdons notre licence de professeur. Depuis 2-3 années on a ajouté une boucle plus complexe - 100 points en 5 ans en mettant l'accent sur la qualité et seuls les séminaires agréés par le Ministere de l'Éducation ont valeur sure. Seulement ils sont flemmards lá-haut: il faut plus de 4 mois pour nous délivrer un diplome qui aurait pu etre fait en une demi-journée par le CCF de Belgrade pour tous les participant(e)s. De surplus il n'y a que 2-3 séminaires annuellement pour les profs de FLE et pour d'autres matieres pratiquement rien. Est-ce une politique du gouvernement local á montrer dans quelle (mauvaise) direction nous devons aller - je n'ai pas pouvoir á en juger. Mais une chose est sure: le Minist(e)re de l'Éducation nous oblige á nous qualifier au maximum, en nous exhortant depuis les gradins "Allez les gars !" mais ne nous donne pas les moyens dans nos écoles á pouvoir utiliser ces memes qualifications... Alors reste la méthode crayon-papier du Moyen-Age...
philippeD a écrit:Bonjour,

Soyons directs et honnêtes .. ni la profession d'enseignant de FLE, ni le FLE lui-même n'ont été vraiment et sérieusement ni valorisés, ni encouragés, ni aidés par le gouvernement. C'est une honte.

Comparez simplement avec ce qui a été et est fait pour l'enseignement de l'anglais langue étrangère... que ce soit de la part des différents instances gouvernementales, de la part des sociétés d'édition de matériel éducatif, de la part des instances universitaires en matières de formation d'enseignant et de recherche, ...

Regardez lorsque sont organisés, à l'étranger, des salons de l'éducation où des dizaines d'écoles de langue anglais sont présentes, et la plupart du temps aucune école de langue française, et, quand il y en a, ces écoles de langue française sont complétement à coté de la plaque. (Je suis allé à plusieurs salons de l'éducation dans des pays d'Asie. Je vous donne un exemple: un salon de l'éducation, réservé à l'enseignement des langues étrangères. Il y avait peut-être 150 exposants dont peut-être 80% pour l'anglais, 15% pour le japonais... La présence française? 2 exposants! Ces 2 écoles n'avaient aucun document dans la langue du pays, très peu de documents en anglais, les français qui tenaient les stands avaient un anglais exécrable...J'ai discuté avec l'un d'entre eux... je lui demande: "beaucoup de visiteurs intéressés?" Sa réponse: " je ne comprends pas, les gens ne font que passer, en deux jours, nous n'avons eu qu'une seule personne très sérieusement intéressée".... ) Tirez vous-même votre conclusion.

Pour ce est de choisir d'enseigner le FLE comme carrière... Hmm, il a déjà beaucoup été dit sur Franc-Parler. J'ajouterai ceci:

Enseigner le FLE à l'étranger n'est pas évident. Il faut vraiment en vouloir quelquefois. Créez votre propre situation et vos occasions, multipliez les recherches en tout genre, soyez constamment prêt à des déconvenues, acceptez des variations de revenus très importantes, etc. A l'étranger, on dépense souvent plus que si nous étions restés en France: déménagement, installation et réinstallation répétées, voyage (un de principaux attraits de travailler à l'étranger est de pouvoir voyager = frais ), etc.

Préparez votre retraite vous-même (très important!). Oubliez le système français (social, retraite, sécu, chômage, etc.) et apprenez à vous protéger vous-même. Je cotise chaque mois à deux systèmes de retaite privés et à un systéme privé d'assurance santé. Ces systèmes s'ajoutent aux systèmes de retraite ou de couverture médicale nationaux locaux des pays où j'enseigne (quand il y en a!).


Ouvrez-vous les yeux.
En espérant que mes quelques 12 ans d'expériences puissent vous être utiles.

Bon courage à tout le monde.
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Dévalorisation du métier de prof de FLE

Messagepar madeleine » Sam Mar 14, 2009 12:18 pm

Bonjour,
Merci pour tous ces commentaires. Exutoires et cris d’enseignants qui espèrent que quelque chose va se passer. De nature positive, je vais donc essayer de le rester. Je suis d’accord, c’est difficile, même très difficile. Je suis prof de FLE (entre autres), super diplômée (de France et d’ailleurs). Je vis à l’étranger (expatriée dans de nombreux pays,deuxième génération) et je suis professionnellement indépendante. C’est vrai, alors, je me dis et si je montais une équipe de femmes de ménage francophones… ? Vu qu’un prof de FLE est moins payé qu’une femme de ménage. On pourrait s'en sortir. On vous dira, c’est le prix du marché qui prime. Alors, pourquoi ne pas allier différentes compétences.
Bref, revenons au sujet. Ce qui me désole le plus, est l’incroyable quantité d’enseignants FLE formés. J’ai eu mon diplôme (il ne s’appelait pas diplôme FLE) il y a plus que 30 ans…, le diplôme était dispensé par le CREDIF et non par la Fac). Combien y a-t-il d’enseignants FLE aujourd’hui sur le marché ? Combien pour 2010 ? Que font-ils ? Où sont-ils ? Quelles sont leurs spécialités ? Le nombre de produits FLE/éducatifs (magazines, livres, méthodes…) disponibles sont aussi très nombreux. Il s’agit donc de temps, d’argent et d’énergie investis et si peut de retour escompté. Je m’explique. Que ce soit les Affaires étrangères, la Télévision, les Universités, la Francophonie… (Et j’en oublie). Toutes ces institutions travaillent beaucoup et très bien et dépensent beaucoup d’argent avec des projets divers et variés pourquoi n’avons-nous pas nous autres français (d’ailleurs, je me permets de rappeler que la langue française n’est pas seulement l’affaire de la France) une vision plus commerciale de notre langue. N’oublions pas que l’on s’est battu pour que la langue et la culture (langue, musique….) soient considérées comme des marchandises commerciales différentes. Je répète marchandises commerciales. Fort bien. Mais, on n’a toujours pas de vision commerciale. Ou du moins, je ne l’ai pas encore vue très clairement. Je l’attends avec beaucoup d’intérêt car ce jour-là nous saurons dans quelle direction notre énergie et nos compétences devront se diriger. Les batailles se gagnent lorsque les troupes ont un but et une vision. Madeleine
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Re: Dévalorisation du métier de prof de FLE

Messagepar Pierreb » Sam Mar 14, 2009 1:52 pm

madeleine a écrit:... pourquoi n’avons-nous pas nous autres français (d’ailleurs, je me permets de rappeler que la langue française n’est pas seulement l’affaire de la France) une vision plus commerciale de notre langue. N’oublions pas que l’on s’est battu pour que la langue et la culture (langue, musique….) soient considérées comme des marchandises commerciales différentes. Je répète marchandises commerciales. Fort bien. Mais, on n’a toujours pas de vision commerciale ... Madeleine


Très bien dit, mais chaque fois que quelqu'un (entre autres moi, sur divers fils de ce forum) tente d'aborder le problème sous cet angle, l'écho est quasi-nul. Trop romantiques les francophones ?

Espérons que vous réussirez à susciter plus de réactions (constructives).
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Re: Dévalorisation du métier de prof de FLE

Messagepar 6hunyadi » Sam Mar 14, 2009 10:44 pm

C'est vrai Madeleine ce que tu dis.
1/ Une femme de ménage sans écoles (niveau I) a un salaire supérieur ici en Serbie á celui d'un prof de FLE (niveau VII/1) travaillant depuis presque 20 ans.
2/On commence revenir á l'appellation "professeur" - pendant un bon bout de temps nous n'étions que des "instit de français" - grace á la connerie du Ministre de l'Éducation
3/L'administration du ci-nommé Ministere chevauche sur la nécessité á ce que nous ayions nos 20 points/an, mais ne donne aucune aide au CCF local, pour que nous puissions mieux apprendre les nouvelles méthodes.
4/ Les profs de FLE s'inscrivent au moins par groupes de 60 á la Fac, ce qui donne 15-20 nouveaux profs annuellement sur le marché du travail. Comme si la vie n'était pas assez dure sans de tels "annexes".
5/Les filles ont la primauté partout, meme si elles n'ont pas le niveau demandé par les petites anonces.
madeleine a écrit:Bonjour,
Merci pour tous ces commentaires. Exutoires et cris d’enseignants qui espèrent que quelque chose va se passer. De nature positive, je vais donc essayer de le rester. Je suis d’accord, c’est difficile, même très difficile. Je suis prof de FLE (entre autres), super diplômée (de France et d’ailleurs). Je vis à l’étranger (expatriée dans de nombreux pays,deuxième génération) et je suis professionnellement indépendante. C’est vrai, alors, je me dis et si je montais une équipe de femmes de ménage francophones… ? Vu qu’un prof de FLE est moins payé qu’une femme de ménage. On pourrait s'en sortir. On vous dira, c’est le prix du marché qui prime. Alors, pourquoi ne pas allier différentes compétences.
Bref, revenons au sujet. Ce qui me désole le plus, est l’incroyable quantité d’enseignants FLE formés. J’ai eu mon diplôme (il ne s’appelait pas diplôme FLE) il y a plus que 30 ans…, le diplôme était dispensé par le CREDIF et non par la Fac). Combien y a-t-il d’enseignants FLE aujourd’hui sur le marché ? Combien pour 2010 ? Que font-ils ? Où sont-ils ? Quelles sont leurs spécialités ? Le nombre de produits FLE/éducatifs (magazines, livres, méthodes…) disponibles sont aussi très nombreux. Il s’agit donc de temps, d’argent et d’énergie investis et si peut de retour escompté. Je m’explique. Que ce soit les Affaires étrangères, la Télévision, les Universités, la Francophonie… (Et j’en oublie). Toutes ces institutions travaillent beaucoup et très bien et dépensent beaucoup d’argent avec des projets divers et variés pourquoi n’avons-nous pas nous autres français (d’ailleurs, je me permets de rappeler que la langue française n’est pas seulement l’affaire de la France) une vision plus commerciale de notre langue. N’oublions pas que l’on s’est battu pour que la langue et la culture (langue, musique….) soient considérées comme des marchandises commerciales différentes. Je répète marchandises commerciales. Fort bien. Mais, on n’a toujours pas de vision commerciale. Ou du moins, je ne l’ai pas encore vue très clairement. Je l’attends avec beaucoup d’intérêt car ce jour-là nous saurons dans quelle direction notre énergie et nos compétences devront se diriger. Les batailles se gagnent lorsque les troupes ont un but et une vision. Madeleine
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Re: Dévalorisation du métier de prof de FLE

Messagepar Asimov » Mar Mar 17, 2009 10:16 am

Bonjour Madeleine,

J'aime bien l'idée de bataille et de troupes.
Mais vu le manque de solidarité, la peur que ressentent la plupart de profs de FLE, ainsi que la dispersion de tous ces soldats "potentiels", je reste pessimiste. Et si on pense que le poste de commandement c'est le gouvernement français, alors c'est pas demain qu'il va parachuter de nouvelles lois pour valoriser cette profession.
La vérité : Le gouvernement français fait tout pour éviter que le FLE soit une force représentative et la plupart des profs d'université n'ont pas assez de courage pour regarder la vérité en face alors que le combat doit partir d'eux.
Personnellement j'ai été "viré" d'un institut français pour vouloir plus de reconnaissance pour moi et les autres. Ces mêmes autres qui sont
en fin de compte soulagés de voir un prof partir car cela signifie des heures en plus pour eux. Où sont les soldats ?
Résultat: tout le monde est perdant.

À plus!
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Messagepar Laouen » Jeu Mar 19, 2009 7:25 am

philippeD a écrit:Bonjour,



Préparez votre retraite vous-même (très important!). Oubliez le système français (social, retraite, sécu, chômage, etc.) et apprenez à vous protéger vous-même. Je cotise chaque mois à deux systèmes de retaite privés et à un systéme privé d'assurance santé. Ces systèmes s'ajoutent aux systèmes de retraite ou de couverture médicale nationaux locaux des pays où j'enseigne (quand il y en a!).


Je rebondis sur les systèmes de retraite privés dont faisait référence Philippe dans son mail. Comme dans cette malheureuse profession qu'est le FLE, nous sommes un grand nombre à nous poser des questions sur notre devenir "administratif", je pense que ce serait très sympa si Philippe pouvait nous indiquer les organismes auxquels il pensait.
J'espère que ce n'est pas le CFE parce que bonjour les dégâts sur le montant de leurs cotisations !!!! :evil:
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Messagepar philippeD » Mar Mar 24, 2009 3:15 am

Bonjour,

Non, ce n'est pas le CFE qui, comme le souligne Laouen, est un luxe.

En fait, les systèmes privés auxquels je fais référence sont ceux des sociétés internationales ING et Prudential. Ces sociétés offrent des forfaits divers, notamment maladie grave/accident/retraite... mais les offres varient selon le pays où on réside.
Voir si les sociétés offrent des systèmes, des forfaits qui peuvent vous accompagner dans d'autres pays étrangers, si vous décidez de travailler dans un autre pays que celui on vous avez contracté votre assurance retraite.
LE système privé d'assurance santé dont je parle est local...

Je dois ajouter que je n'ai pas d'enfants et n'en aurait pas. C'est quelque chose à considérer lorsqu'on choisit une couverture maladie/décès/ retraite.

Autre chose: Je mets de côté de l'argent tous les mois, je m'y tiens à 100%. Je coupe drastiquement dans mes dépenses s'il le faut, ou je trouve des heures de travail supplémentaires, par forcément de FLE. C'est très important. Cela m'a permit d'acheter mon logement (essentiel si, plus tard, on devra se contenter d'un montant de retraite réduit) et d'avoir des mensualités de remboursement moins élévées qu'un loyer pour un logement équivalent au mien en location.

Je crois qu'il est important d'être le plus conscient possible des conditions particulières d'une profession telle qu'enseignant de FLE, que ce soit en France ou à l'étranger.

Mille excuses si ce message semble confus, j'écris à la va-vite.

Courage à tout le monde!
philippeD
 
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