de 2004 à aujourd'hui,quelle évolution des débouchés?!

Débouchés, projets professionnels, reconversions, spécificités régionales...

Modérateur: forumadmin

de 2004 à aujourd'hui,quelle évolution des débouchés?!

Messagepar marion » Jeu Fév 05, 2009 9:33 am

Bonjour à tous,

je m'appelle Marion, j'ai 22ans,
après une licence de socio et un deug d'anthropo et quelques "tests" de secteurs professionnels (journalisme, scénariste, tourisme,...), j'oeuvre depuis deux ans à une active recherche en matière de réorientation pour entamer une formation qui me mènera à un métier.De plus: Je suis actuellement instable financièrement parlant.

Je suis intéressée par l'enseignement du français langue étrangère, en France ou à l'étranger sans distinction, et parcours les messages du forum concernant les débouchés dans ce secteur.
J'avoue être un peu désorientée... :) . Lorsqu'on remonte dans le temps ( 2004), beaucoup de messages sont négatifs et font état de précarité, d'exploitation, de "pas de débouchés" , tandis que le dernier message (datant de 2009) est plus optimiste.

Bref, je me demande:
1) Quelles ont été les évolutions de ces dernières années dans la profession en terme de précarité et d'aides? Le constat est-il plus positif aujourd'hui?
2) Apparemment, certains pays ou structures seraient davantage "les lieux de la galère". Y a t-il donc des pays et structures vers lesquels il est préférable de se tourner? et des outils dont il est préférable de se doter en plus des classiques DU et Master?

J'ai un grand respect pour le combat qui anime les passionnés de la profession, mais ces questions matérielles demeurent toutefois importantes pour moi pour progresser vers le best way of life and work :D .

Merci pour votre participation à mon avenir :wink: !
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Messagepar mica » Jeu Fév 05, 2009 11:36 pm

cf mon autre message, avec ceci de plus notamment : l'enseignement du Fle est absolument tout sauf une échappatoire au travail instable et sous payé... Sans parler des horaires...
Ceci dit, je n'en sait strictement rien quant à la situation en France.
Sacré FLE...
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Le français est en crise !

Messagepar Thai Phong » Mer Fév 11, 2009 1:34 pm

Je pense que le français langue étrangère est en grande crise, étant donné qu'il y a eu ces derniers temps une chute brutale d'effectifs dans les cours de français ainsi que dans les formations purement linguistiques. A cela, plusieurs raisons :
- très peu de débouchées sur le monde du travail. L'apprentissage du français n'est plus une garantie pour la recherche d'un emploi. Au Viet Nam par exemple, le choix du français comme langue étrangère se raréfie.
- Du point de vue de la politique linguistique : un gouvernement peut pratiquer une politique non favorable au développement du français, c’est ce qu'on observe actuellement au Viet Nam. Le ministère de l'Education et de la Formation a récemment promulgué une prescription selon laquelle il n'y aura qu’une seule langue étrangère à passer aux examens d'admission aux formations post-universitaires (l'anglais certes), à partir des sessions de 2009, ce qui a évoqué beaucoup d'angoisse et de réactions de chez les enseignants de français.
- Des bourses pour aller en France faire des études post-universitaires sont devenues rarissimes. Il me semble que le gouvernement français favorise plutôt les études en sciences économiques, juridiques, technologiques, biologiques que les sciences sociales et humaines. Ceci n'est pas du tout encourageant pour l’enseignement-apprentissage du français, par rapport au japonais qui est une étoile montante. Le gouvernemet japonais octroie beaucoup de bourses aux étudiants étrangers désireux de venir au Japon. En plus, il serait, me paraît-il, plus facile au Vietnam de se trouver un poste dans un environnement de travail nippophone.

Une question que chaque élève, et même les parents d’élèves, se pose au moment du choix d’une langue étrangère à apprendre : pourquoi choisirai-je le français, et pas l’anglais ni le chinois ? Un certain amour pour cette belle langue ne serait pas suffisamment fort !

Dans d'autres pays ou d'autres continents, je ne sais pas grand-chose.

Merci.
Dernière édition par Thai Phong le Sam Fév 14, 2009 3:59 pm, édité 2 fois au total.
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Messagepar marion » Ven Fév 13, 2009 10:51 am

Bonjour Thai Phong,

Merci d'avoir répondu,
En effet, la nécessité de l'enseignement du français dans un pays doit dépendre des rapports que celui-ci entretient avec la France. D'après ce que tu me dis, la politique menée au Viet-Nam ne m'enjoindrait pas à creuser dans cette direction, en tous cas si je veux avoir plus de chance de trouver!

Merci de m'avoir aiguillé un peu plus, et je souhaite malgré tout qu'au delà des enjeux "diplomatiques" nous (tous) ayons la volonté de nous ouvrir à la communication entre populations.
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Re: de 2004 à aujourd'hui,quelle évolution des débouchés?!

Messagepar hsophie » Sam Fév 14, 2009 11:18 am

Ceci sont des commentaires qui sont parus sur le site FLE.fr
Bonjour,

J'ai passé ma maîtrise de FLE en 1987, ai choisi de ne pas entrer à l'Education Nationale par choix à cette époque parce que, naïvement, je croyais pouvoir trouver du travail avec ce diplôme et qu'à l'époque les professeur d'université nous ont fait croire/espérer à un CAPES spécifique en FLE!
A présent, je suis RMISTE, j'ai 43 ans et peu d'espoir de trouver du travail car
1.Je suis déjà trop "âgée"pour ce métier...
2.Je suis en concurrence constante avec les personnels de l'éducation nationale (qui peuvent enseigner le FLE à partir d'une petite formation interne et peu importe si les professeurs en question sont spécialistes de la langue ou pas/ ainsi que les fameux retraités de l'EN qui sont alors des bénévoles (je n'en doute pas) très enthousiastes mais qui volent avec bonne conscience le travail des autres!!!et je n'évoque pas ici le problème des vacataires de l'EN qui se font des heures supplémentaires sur le dos des formateurs!!!
3.Je ne trouve que des emplois sous payés,extrêmement précaires et impliquant une charge de travail personnel disproportionnée!Impossible à tenir/vivre quand vous avez une charge de famille, sachant en plus que dans la plupart des cas vous achetez/fournissez vous même le matériel!!!
(cf:être RMISTE est un statut plus stable que prof de FLE!!!)
En conclusion, pour ceux que le FLE intéresserait, je vous conseille soit de redéfinir rapidement un autre projet professionnel, soit de passer ce fichu CAPES, car sans lui point de secours en FLE (même la plupart des annonces à l'étranger le réclame!) sans avoir la certitude de pouvoir partir un jour!
N'oubliez surtout pas qu'un jour vous ne serez plus si jeune,si enthousiaste, si disponible et prêt à faire n'importe quoi pour la beauté du métier (car les entreprises de formation auront usé la moindre petite parcelle en vous!)
Bon courage.De la part de Sophie

Hé oui! Je crois effectivement important de préciser que dans les années 84 et plus, pour nous encourager à choisir le FLE (notamment depuis Lettres) on nous "vendait" la formation comme une "maitrise d'enseignement" dispensant par conséquent du concours.... belle arnaque qui a permis à nombre de MCF et profs d'université de faire carrière mais pas à leurs étudiants...
Ajoutons que cela continue avec les masters pros (bac+5) pour projeter les diplomés sur un marché du travail de la formation dont on connait la grille salariale misérable. Je me joins à Sophie pour encourager les jeunes à choisir une autre voie professionnelle, celle-ci étant passionnante mais ne permettant pas d'en vivre dignement. Le CAPES (n'importe lequel puisqu'il n'y a pas de CAPES FLE/FLS) étant donné l'actualité (13000 postes en moins l'an prochain) c'est également du rêve... autrement dit, je n'aime pas avoir mon âge dans le monde du travail aujourd'hui mais je n'aimerais pas davantage devoir commencer ma vie professionnelle!!! Bon courage donc! De la part d’Amélie

Et l'escroquerie perdure car j'ai encore rencontré des étudiants qui se demandaient quand le CAPES FLE serait ouvert!!! Alors de source sûre (Inspectrice de l'EN quand elle a inspecté ma classe) Oubliez! Il n'y aura JAMAIS de CAPES de FLE car l'EN a fait le choix de considérer le FLE comme une option qu'un prof peut préparer si c'est son désir et peu importe sa spécialité de départ.
Travailler en France suppose que l'on soit conscient de plusieurs "petites choses":
1.Priorité au recrutement à ceux qui ont...le CAPES!
2.Priorité aux vacations (essayez de vivre/survivre avec simplement des heures de vacation!? car pas d'Assedic, pas de retraite,peu de prise en charge par la Sécu-Attention Mesdames,il ne faut pas tomber enceinte quand on est vacataire!!!) et surtout cerise sur le gâteau vous n'avez aucune reconnaissance dans l'entreprise (pas un employé, vous êtes fournisseur donc vous n'avez jamais droit au chapitre et aucun poids politique dans votre entreprise-"il y en a des milliers comme vous qui attendent..."
3.Les groupes qui constituent les groupes FLE sont de véritables arnaques! On fait croire à des stagiaires que nous allons leur apprendre le Français; mais quand vous vous retrouvez en face d'illettrés (voire même de français natifs!!), d'analphabètes,FLE débutants,avancés et qu'on vous demande de répondre à tous leurs besoins!!!
A-t-on déjà vu des groupes en Anglais constitués de 2 français débutants complets, de 5 français avancés, de 3 anglais niveau études supérieures , et de 3 analphabètes anglophones!!! EH bien ,ce sont ces types de groupes auxquels on vous demandera d'apporter un enseignement de qualité!!!
Attention encore le matériel est très rarement fourni par l'entreprise qui s'attend à ce que vous veniez avec tous les outils!!!" Vous comprenez il n'y a pas de budget prévu pour du matériel FLE..."
Et bien chanceux celui qui trouve des tables et des chaises, parfois même (grand luxe!) un tableau!! Soyez sûr que je ne caricature pas beaucoup...La situation est souvent très déprimante , j'ai même connu une formatrice qui apportait son radiateur faute de chauffage en plein hiver!!!
4. Pour vivre il vous faudra cumuler des vacations et des CDD:donc se déplacer de façon incessante (parfois 600km par semaine), transporter tout votre matériel (on vous compare à un mulet!), manger sur le pouce en conduisant (je sais c'est pas très prudent mais quand on a peu de temps pour faire le déplacement,on n'a pas le choix)
IL FAUT DONC CONSIDERER L' ENSEIGNEMENT DU FLE COMME UN SECOND CHOIX ET DISPOSER POUR VIVRE D'UN(E)CONJOINT(E) AVEC DES REVENUS SUFFISANTS POUR FAIRE VIVRE UNE FAMILLE. LE FLE EST UN SALAIRE DE CONFORT!!!
5.Etre méconnu : Le Français langue étrangère "Vous enseignez le Français et quelle autre langue?est la question récurrente que l'on vous posera quand vous direz ce que vous faites.Ce qui prouve bien simplement la méconnaissance de cette profession.
6. Etre le larbin de service: "Vous pouvez enseigner le Français (tous les niveaux) l'histoire-géo, la TRE,la bureautique,l'éducation civique,les ARL etc.
7.Attention aux contrats CDD qui peuvent être multipliés à l'infini (le monde de la formation semble obéir à ses propres lois où le cumul de CDD est très largement toléré, où les primes de précarité sont laissées au bon vouloir des patrons...)
8. Quant aux salaires, il faudra impérativement s'intéresser aux heures qui sont rémunérées et celles qui relèvent du bénévolat ("vous comprenez,c'est compris dans le forfait!!!")
Heure rémunérée=Face à face pédagogique(rémunérateur pour l'entreprise)
Heures bénévolat=réunion;préparation de cours;correction de copies (si,si, il y en a aussi pour vous même si vous ne faites pas partie de l'EN!);déplacement (parfois vous avez 3h de route pour une heure de cours!);suivi individuel des stagiaires;rédaction de bilans,bulletins...
Bref, vive l'esclavagisme du prof (ah,non pas prof!pardon) du??? en FLE,accepté par tous.
(CHUT,vous êtes très nombreux à attendre aux portes...)
9.L'expatriation: quel beau mot pour un prof de FLE!! Défendre la langue française et sa culture à l'étranger..Magnifique! Sauf que les statuts, là-aussi, relèvent du flou artistique.Vous pouvez vous attendre au mieux à stagner comme lecteur dans une université étrangère au pire à être recruté en contrat local (et là il va en falloir des heures pour recevoir un salaire décent-et n'oubliez pas que vous n'aurez aucune reconnaissance en revenant en France, cette merveilleuse expérience à l'étranger laisse indifférent la plupart de nos compatriotes!).De toute façon, vous vous heurterez encore et toujours au problème de ce fichu CAPES!
Certaines entreprises vont recruter des profs qui n'ont que comme seule compétence d'être français (si,si, j'ai vu des profs de l'Alliance qui avaient comme niveau d'études un BEP,des peintres,des vendeurs,des psychologues...)Bien sûr de plus en plus ,on voit des annonces sur le site FLE.fr demandant une spécificité en FLE mais vous remarquerez sans doute que beaucoup sont des stages déguisés:on demande des compétences professionnelles très pointues et diverses pour un "salaire" d'ouvrier!!!
Si malgré tout ceci vous persistez dans cette voie, j'ajouterai encore un point:quand on atteint un âge où les couleuvres sont dures à avaler,on se retrouve RMISTE et on va pointer aux restos du coeur (Tiens, ils cherchent des bénévoles pour enseigner le français!!!) en se demandant :"Qu'est-ce que j'ai fait de ces 5 années d'université?"
Bienvenue en ENFER.FLE

J'ai jeté l'éponge et malgré (ou à cause?)beaucoup de passion pour le FLE,je suis en train de me reconvertir car il n'y a pas d'avenir dans cette branche.(Désolée de casser les rêves de certains)
J'ai une amie qui a enseigné le FLE en Angleterre depuis l'obtention de sa maîtrise, donc depuis une vingtaine d'années, a opté pour une reconversion en informatique car elle était écœurée d'enseigner le FLE aux anglais...et pourtant les conditions d'enseignement étaient "idéales" (classe hyper équipée,matériel high tech à disposition, élèves peu motivés mais de bonne classe sociale...)
Elle n'en pouvait plus d'enseigner "je suis ,tu es il est..." en boucle et d'appauvrir son cerveau au contact d'enfants peu intéressés et peu intéressants!
Le monde de l'enseignement n'est pas satisfaisant intellectuellement, en tout cas au niveau où on l'enseigne en FLE (quand on a la chance de l'enseigner -voir commentaire précédent!) Et pourtant elle était bien payée avec un statut relativement stable (autant qu'il puisse l'être en Angleterre!!! Pour ceux que cela intéresse elle a passé l'examen anglais qui lui permettait d'être payé comme un anglais avec la prise en compte de son ancienneté).
Il faut vraiment savoir où on met les pieds, quitte à décider de prendre le temps de passer le Capes , de demander une mise à disposition d'un an et de partir à l'étranger pour avoir un avant goût du métier (un an n'est malheureusement pas suffisant pour avoir l'amertume du travail à l'étranger , ce n'est qu'au bout d'une dizaine d'années que l'on commence à avoir envie de rentrer en France et qu'on se trouve coincée car une expérience trop longue à l'étranger n'est pas -contrairement à ce qu'on peut croire un plus sur un CV en France!!
Anecdote: une amie française qui parle couramment anglais, espagnol,coréen a tenté l'aventure de revenir en France après 20 ans passés dans différents pays. Elle est restée un an et demi au chômage sans trouver un seul travail et la personne qui l'a reçu à l'ANPE lui avait prédit cet échec car elle n'avait jamais travaillé en France!!!Toute l'expérience professionnelle qu'elle a acquis hors hexagone ne valait rien, elle est rentrée en Corée, écoeurée... et elle travaille... même si ce n'est pas la panacée avec des cours privés.
Rien de stable, il faut le savoir et en être conscient dès que l'on y met les pieds!
La situation ne s'améliore pas car la langue française recule dans tous les pays (voir commentaire sur le Vietnam qui reflète la situation mondiale) Les étudiants préfèrent aller apprendre dans d'autres pays (Anglais,japonais,chinois...) plutôt qu'en France où les étrangers sont très mal considérés.
En effet, quand on parle" étrangers",on a tendance à considérer "arabe" sans penser à tous les étudiants de tous les pays qui venaient en France apprendre la mode,la littérature,les arts plastiques,les techniques aéronautiques etc...Plus de bourses,des quotas stricts,des prérequis trop élevés...Et voilà que dégringole le français et les postes d'enseignant du FLE...(sauf en Angleterre pour le moment, mais il faut savoir vivre en Angleterre , ce qui est une autre paire de manche!!!)
Bon courage en ENFER.FLE!!!
hsophie
 
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Messagepar marion » Sam Fév 14, 2009 12:48 pm

Bonjour Sophie,

Merci pour l'attention que tu portes aux préoccupations de tous ceux qui échangent sur ce forum , dont je fais partie,
cependant, à défaut de passer pour un tempérament fleur bleue ou naïf, je pense que l'on a plus besoin d'encouragements, et en général dans la vie.

Je suis désolé de ce qui arrive ou est arrivé à tous ceux qui ont témoigné dont tu nous fais part dans ton mail, mais je suis encore plus désolé de tous les discours qui poussent à abandonner avant d'avoir essayé (si c'est vraiment la chose qu'on envisage). Je suis pourtant des plus réceptives au discours alarmistes et hyperréalistes, et c'est certainement pour cela que j'ai lancé ce sujet sur le forum. Toutefois, je pense qu'une dose d'optimisme et d'infos positives seraient parfois la bienvenue. Car enfin, si des individus continuent à s'engager dans cette voie ou bien y poursuivent leur cheminement professionnel c'est bien qu'il y a un minimum d'épanouissement possible là dedans!!!
marion
 
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Messagepar Pierreb » Sam Fév 14, 2009 6:00 pm

marion a écrit:Bonjour Sophie,

Merci pour l'attention que tu portes aux préoccupations de tous ceux qui échangent sur ce forum , dont je fais partie,
cependant, à défaut de passer pour un tempérament fleur bleue ou naïf, je pense que l'on a plus besoin d'encouragements, et en général dans la vie.

Je suis désolé de ce qui arrive ou est arrivé à tous ceux qui ont témoigné dont tu nous fais part dans ton mail, mais je suis encore plus désolé de tous les discours qui poussent à abandonner avant d'avoir essayé (si c'est vraiment la chose qu'on envisage). Je suis pourtant des plus réceptives au discours alarmistes et hyperréalistes, et c'est certainement pour cela que j'ai lancé ce sujet sur le forum. Toutefois, je pense qu'une dose d'optimisme et d'infos positives seraient parfois la bienvenue. Car enfin, si des individus continuent à s'engager dans cette voie ou bien y poursuivent leur cheminement professionnel c'est bien qu'il y a un minimum d'épanouissement possible là dedans!!!


Le tableau dressé par hsophie est à peine noirci. Maintenant tout dépend du regard que quelqu'un porte sur son travail mais si vous voulez vraiment savoir ce qu'il en est de ce métier, il faut être prêt à tout entendre :

1) c'est vrai que cela peut se révéler un métier passionnant mais bien souvent quand le travail est passionnant, il génère beaucoup d'heures supplémentaires et personne ne sera disposé à les rémunérer, il faut donc trouver en soi la satisfaction
2) si vous avez un projet familial, donc probablement envie de stabilité, ayez un conjoint/compagnon qui assure la dite stabilité (et qui soit disposé à accepter que votre travail empiète sur le temps personnel)
3) si vous êtes célibataire, tenez bon
4) si vous êtes malade, tenez bon aussi (je me rappelle une année où pendant un mois et demi, je rentrais chez moi tous les soirs avec la fièvre et repartais vaille que vaille le lendemain matin)
5) si vous devez préparer un diplôme, arrangez-vous pour vous assurer une activité stable pendant plusieurs mois (en ce moment par exemple je ne sais pas comment je pourrais travailler sur le master que prépare Mica). Mais moi aussi je lis tout ce qui se dit sur ce forum et d'autres, et je me demande vraiment si cela en vaut la peine. Je ne sais plus où j'ai lu le conseil de passer un diplôme en linguistique en se fichant du FLE.

Quant à l'épanouissement, ou plus modestement la satisfaction, bien sûr qu'il est présent, mais vos gains n'en dépendent pas, ils sont liés à la loi du marché. Le dirigeant d'un institut m'a récemment dit que selon lui l'enseignement des langues est une vocation, je pense qu'il n'a pas tout à fait tort (mais je me demande également si ce n'est pas une manière de justifier le niveau du salaire...) : qui dit vocation, dit sacrifice et abnégation dans la joie et la bonne humeur. Et quand on a la vocation, on n'a pas besoin d'encouragements, on fonce.
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Re: de 2004 à aujourd'hui,quelle évolution des débouchés?!

Messagepar Asimov » Ven Mar 06, 2009 9:17 pm

Bonjour,

Personnellement je vis en Espagne depuis 10 ans, et l'enseignement du FLE est en descente libre (fermeture de 2 instituts français), emplois précaires, exploitation au goût du jour.
Donc, je conseille une croix de plus sur l'Espagne :-(

Au revoir!
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Messagepar mica » Dim Mar 08, 2009 12:48 am

Pour rebondir sur ce qui a été dit :
Effectivement c'est presque par miracle que je peux me payer le luxe d'étudier : ne nous trompons pas, je ne suis pas ironique, c'est un luxe. Or la grande majorité de ma génération vit encore avec ses parents, sans avoir trop de frais, ou au pire un peu partagés... Etant donné que ça va fait dix ans que je vis avec mes seuls moyens (ultra minimes et bourses du dernier espoir...), je n'ai jamais réussi à économiser, ou bien suffisamment pour me payer l'année suivante...
Ce qui me permet de tenir les pieds sur terre, économiquement et moralement parlant, c'est ma copine, fonctionnaire depuis peu. Et si je n'avais pas cette "garantie", je me serais lancé directement dans autre chose, soyons clairs, car sinon, pas d'avenir ni demain ni après demain...

Après, je confirme ce que dit Asimov : je bosse aussi en Espagne, et les boîtes décrochent du français à une vitesse effrayante et mes collègues et moi regardons de plus en plus les offres d'emploi... Un ptit chômage longue durée est si vite arrivé... :evil: :evil: :evil:
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Messagepar Pierreb » Dim Mar 08, 2009 8:48 am

mica a écrit:Ce qui me permet de tenir les pieds sur terre, économiquement et moralement parlant, c'est ma copine, fonctionnaire depuis peu. Et si je n'avais pas cette "garantie", je me serais lancé directement dans autre chose, soyons clairs, car sinon, pas d'avenir ni demain ni après demain...


Marion va encore dire que nous faisons tout pour la décourager. Ajoutons quand même que nous aimons notre travail. Hein Mica ?

Tiens, au fait, on n'a pas non plus parlé de retraite. Il faudra probablement que d'ici 15 à 20 ans je songe à me retirer dans un monastère ou bien que je fonde une communauté laïque ou interreligieuse pour s'entraider à survivre ensemble. Mais bon, si on se met à penser à cet avenir-là... Il vaut mieux s'en remettre à la providence et à la capacité que nous développons certainement tous plus ou moins de se débrouiller.

Qu'en pense Marion ?

P.S. : quant au instituts français qui ferment, je pourrais parler de la fermeture de l'Alliance française à Rome. Je crois aussi que certains dirigeants ne savent pas s'adapter au marché, cette AF avait débouté une école où je travaillais d'un énorme contrat dans une société de télécommunications. Elle a réussi à le perdre un an après. Elle est maintenant fermée : dans le milieu, elle avait la réputation de pratiquer des prix trop élevés et de ne pas s'adapter aux exigences des clients (formatives et administratives). Dans une ville comme Rome, elle aurait du réussir à tirer son épingle du jeu.
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